Les travaux d’assainissement de Rambouillet, ou comment ne pas passer de la parole aux actes

La station d’épuration de « la Guéville » située à Gazeran qui recueille les eaux usées de Rambouillet, Gazeran et Vieille-Eglise est âgée et sous-dimensionnée. L’augmentation de la population de Rambouillet voulue et encouragée par l’actuelle municipalité à travers un programme de constructions de 150 logements par an (cible 30 000 habitants en 2020) ne fera qu’aggraver un peu plus ce constat, même si elle procurera des recettes fiscales à terme.

La capacité de traitement des eaux usées est ainsi devenue insuffisante, et les rejets ne sont plus en conformité avec la législation, comme rappelé plusieurs fois en 2014 par l’Agence de l’Eau Seine  Normandie. Les eaux de pluie, qui normalement n’ont pas à y être traitées, viennent s’ajouter aux eaux usées car le réseau d’assainissement de Rambouillet est hétérogène : séparatif à la Clairière, mais unitaire en ville, il produit un mélange des eaux en bout de réseau. En cas de grandes précipitations pluvieuses, la station déborde et pollue la rivière de « la Guéville »  en aval.

Un projet  de reconstruction de la station d’épuration est à l’étude depuis fin 2015 et devrait être lancé fin 2018. Son devis s’établit à 23 millions d’Euros, la fin des travaux étant prévue pour 2021, date au-delà de laquelle la Commission européenne prendra des sanctions financières à l’encontre de la ville…

Le « Schéma directeur de l’Assainissement » (SDA), dans son rapport définitif de Phase 1 de Septembre 2017 rendu par la société «  Artémia » a identifié  de nombreux « points noirs ».

« L’Egout de Muller » est notamment pointé du doigt. Il s’agit d’un ancien cours d’eau canalisé recueillant les eaux pluviales passant sous Groussay pour aboutir dans le parc du Château. Il est grandement responsable de l’inondation de ce quartier en Mai 2016 car son diamètre de 600 ne permet qu’un débit de 0,3 m3/s, à peine suffisant en hiver, à comparer avec le débit de pointe de 3,15 m3/s observé le 31 mai 2016. La préconisation majeure du rapport est le renforcement du débit de l’égout par des canalisations de plus grand diamètre, pour un coût estimé à 2 800 000 € en 2017. A quand les travaux ?

Mais surtout, ce rapport dresse un bilan accablant pour la municipalité : sur la liste de 14 travaux importants préconisés en 2006, seuls deux été réalisés : à la station d’épuration et dans la ZAC de Bel-Air. A Groussay, les travaux prévus n’ont été réalisés que partiellement : un bassin de retenue et une zone de stockage des eaux pluviales en cas de saturation de « l’Egout de Muller », ce qui ne règle pas l’insuffisance de son débit.

Or, les documents d’orientation budgétaires (DOB) depuis 2014, année de l’élection du maire,  montrent une  absence flagrante d’entretien du réseau d’assainissement :

  • le taux de renouvellement des canalisations est de 0 %
  • les crédits prévus annuellement et disponibles ne sont pas entièrement consommés, comme le démontre le tableau ci-dessous :

Année de référence

Budget prévu (en Euros)

Crédits effectivement consommés

2015

3 986 000

146 333

2016

4 394 706

1 816 723

2017

7 557 482

3 102 342

2018

4 995 616

 

D’où nos questions : Pourquoi cette incurie qui dure depuis 2006 ? Pourquoi augmenter les impôts s’ils ne sont pas consommés ? Nous attendons des actes, et non des paroles !

Grégoire Leclercq.

Charles Henri Dunoyer de Noirmont.

Conseilles municipaux de la  liste : « Rambouillet pour tous »

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