L’inondation de Groussay : beaucoup de questions, peu de réponses.

L’inondation de Groussay a frappé par la soudaineté de l’arrivée de l’eau pluviale comme  par son évacuation. Ses habitants se posent, à bon droit, des questions sur les causes de cette inondation présentée comme « exceptionnelle » mais qui apparaît plutôt comme le résultat logique d’une accumulation de négligences et d’un émiettement des responsabilités dans la gestion des eaux pluviales.

Si l’on prend pour seule référence la  « Forêt Verte » située entre Rambouillet et le Perray,  on constate que l’eau a suivi  une pente prononcée, depuis l’altitude  173 m jusqu’ à la pièce d’eau du château, située à la cote 143, soit une dénivelée de 30 m sur une distance de 5 kms.

Le jour de l’inondation il y avait sur ce trajet : des fossés d’écoulement et des  collecteurs de la forêt qui n’ont pas été entretenus depuis des années ou bouchés, en tout ou partie,  tout comme  les conduites d’eau situées sous la voie ferrée, l’étang de la Grenouillère à la cote  168 m, dont la vanne d’évacuation de l’eau est restée fermée, l’eau s’engouffrant par le trop-plein et dévalant comme un torrent vers l’étang du Moulinet, situé à 165 m, lui aussi laissé plein à ras bord,  vanne fermée,  puis le barrage situé sur le Rû du Moulinet, à 160, avec  sa vanne  laissée fermée, puis  le quartier de Groussay, à  147 m, puis la pièce d’eau du Château  à la cote 143 m, avec ses  vannes probablement fermées.

Au fil de l’eau, on trouve une cascade d’administrations concernées : l’ONF  pour  les étangs de la Grenouillère et les fossés dans la forêt, Le Réseau Ferré de France, pour les conduites sous la voie ferrée, la DRIR pour la manœuvre de la vanne de l’Etang du Moulinet, la ville pour le barrage sur le Rû du Moulinet et les conduites d’eau sous Groussay, le domaine du château pour les vannes d’évacuation des pièces d’eau. On peut supposer qu’une fois  les sols gorgés par des semaines de pluie,  il s’est produit un phénomène de ruissellement de très grande ampleur, puis qu’un « bouchon-barrage » a cédé quelque part  sur le trajet. Ni l’alerte météo ni le bons sens n’ont  abouti à la mesure de prévention  immédiate qui s’imposait : la vidange préventive des étangs de la Grenouillère, du Moulinet et  de la pièce d’eau du château. Comment expliquer l’évacuation si soudaine de l’eau  à Groussay, autrement que par la manœuvre, tardive, des vannes  de la pièce d’eau du château, au point le plus bas de ce trajet ?

Pourquoi n’a t il pas été établi une commission d’enquête pour faire la lumière sur cette inondation, étrange à bien des égards, puisque jamais survenue jusque-là  de mémoire d’habitants de Groussay ? Que cache donc ce silence pesant ?

Il faut tirer la leçon de cette inondation, qui résulte apparemment plus de l’imprévoyance des acteurs concernés que de la fatalité, par la mise en œuvre d’un plan de prévention à l’échelon de l’agglomération de communes, par  la coordination de tous les  acteurs : ONF, RFF, DRIR, Mairie, agglomération avec la mise en œuvre de capteurs à distance, de systèmes d’alerte et d’astreinte pour tous les responsables de la gestion des eux pluviales, et un exercice d’entraînement annuel. C’est à ce prix que l’on évitera,  peut être, une autre inondation  tout aussi « exceptionnelle ».

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