Migrants à Rambouillet : remettre la solidarité à sa juste place

Accueil des réfugiés à Rambouillet
La situation de l'Europe face au flux migratoire venant du Proche et du Moyen Orient est sans précédent. L'émotion est forte, suscitée par les images d'enfants noyés, de familles en danger de mort et de milliers de personnes sur les routes.

Mais au-delà de cette première réaction il faut éclaircir certains concepts.

Le premier touche au mot "réfugié" qui n'a rien à voir avec le mot "migrant" ou "immigré". Le premier montre bien la situation d'un homme qui se réfugie et fuit la guerre, la famine, la maladie : il n'a pas vocation à rester dans le pays qui l'accueille car il souhaite rentrer chez lui dès que la situation sera stabilisée. Le second désigne seulement un homme qui quitte son pays pour venir dans un autre pays poussé par des motivations plus diverses dont certaines peuvent être économiques.

La question qui nous est posée communément est de savoir ce que nous pouvons faire à notre échelle pour accueillir les réfugiés.

Nous pensons d'abord qu'il faut prioritairement lutter contre la ghettoïsation. En d'autres termes, ne refaisons pas les mêmes erreurs que par le passé en parquant ces populations dans des tours au fond des quartiers pauvres. L'objectif est au contraire de leur donner un cadre dans lequel ils pourront s'intégrer, s'épanouir, trouver un travail, et d'éviter un communautarisme, un renfermement sur soi.

Nous pensons ensuite qu'il faut cesser de toujours tout demander à l'Etat et tout exiger de l'État ! Ce n'est pas aux pouvoirs publics, à la région, au département, à la mairie de faire la charité avec l'argent du contribuable. L'État a d'autres responsabilités parmi lesquelles celle d'assurer la sécurité à l'intérieur du territoire et celle, non moins importante, d'exercer son pouvoir militaire qui seul peut régler à terme la source du problème qui se trouve en Libye, en Syrie, en Irak...

Nous pensons au contraire que c'est aux particuliers de prendre leurs responsabilités en fonction de leurs moyens et de leur sens de la solidarité. Ceux qui voudront prendre à coeur leur rôle de citoyens, de français accueillants peuvent ouvrir la porte de leur famille pour faire en sorte que les réfugiés soient intégrés à la société et que leur escale soit digne et acceptable. Il existe de nombreuses associations caritatives en France qui montrent que ce sens de la solidarité et de la charité existe bel et bien. Elles ont leur rôle à jouer pour mettre en relation les réfugiés et les particuliers volontaires pour les accueillir, les bénévoles volontaires pour leur apprendre la langue, les actifs aptes à leur donner du travail. En aucun cas ce n'est le rôle d'une mairie ou d'un département que d'organiser cette solidarité.

 
En cela, nous soutenons le maire de Rambouillet dans son refus de voir notre ville participer à l'accueil des réfugiés.

Florence Astruc et Grégoire Leclercq

 
Pour information : le Communiqué de Presse du maire de Rambouillet
Facebook Twitter