De la perspective culturelle à Rambouillet

Conservatoire à Rambouillet

Reflexions dans le cadre du Recrutement du nouveau directeur du conservatoire communautaire de Rambouillet / Saint Arnoult en Yvelines

En cette période de crise actuelle, il convient au préalable à toute discussion portant sur un projet culturel futur de faire le constat de la situation actuelle.

La France est le pays de la Belle Langue (académie de la langue française créée par Louis XIII), de la danse (académie créée par son fils, Louis XIV en 1661, au tout début de son règne) de la peinture (académie créée en 1648), de l'architecture (1671) et de la musique (1669).

Aussi, si cette liste n'est pas exhaustive, elle montre que nous sommes les garants d'un héritage important. Il convient alors de ne pas faire n'importe quoi lorsqu'il s'agit de pratiquer, d'enseigner, et de modifier les arts en général.

Si les Architectes des Bâtiments de France fixent les règles concernant l'urbanisme et les monuments historiques, et que l'Académie Française les fixe pour la langue, il n'existe pas de tel corps de métier concernant la musique. (Lully était surintendant de la musique du roi, mais ce poste n'existe plus actuellement, bien que le titre n'ai jamais été retiré)

Bien que plusieurs institutions soient existantes (Conservatoires Supérieur de Paris et de Lyon, Centre de Musique Baroque de Versailles, Cité de la musique...), aucune loi ou décret ne viennent nous imposer la manière de jouer ou d'écrire la musique. Et c'est bien là à la fois toute la liberté de cet art auditif et tout le problème des dirigeants.

Voilà pour le constat national.

Il est maintenant nécessaire d'exposer la situation de la vie culturelle de Rambouillet et de ses alentours, sujet qui nous concerne aujourd'hui.

Rambouillet possède un conservatoire communautaire de plus de 1000 élèves, si l'on prend en compte le conservatoire de Saint Arnoult en Yvelines. Les deux établissements sont attachés, la communauté de communes étant leur seule et unique administration. Rambouillet possède aussi

  • une bibliothèque, à ce jour toujours gérée par la mairie de Rambouillet.
  • un pôle spectacle qui est en cours de construction, et verra le jour en 2016.

Le souci apparent, est que nous n'avons pas connaissance de la volonté culturelle de nos dirigeants, que cela soit la mairie de Rambouillet, ou la communauté de communes.

Aucune programmation du pôle spectacle n'est pour le moment publiée, et le conservatoire végète depuis nombre d'années, comme nous allons le voir plus tard.

Il est nécessaire de déterminer le cap à suivre pour les prochaines années, afin de mieux répondre à la fois aux demandes des citoyens, et à la fois pour prétendre à une activité culturelle de haut niveau. Le pôle spectacle, au regard du coût qu'il va représenter pour le contribuable doit être en mesure de proposer une programmation de haut standing.

Du conservatoire en particulier :

Un conservatoire est un lieu d'apprentissage de la musique, en cela il doit être considéré en même valeur que l'école en général.

Le titre « Conservatoire » ne doit pas être interprété au premier degré, en conservation, mais au contraire comme une école de musique. Les volontés nationales de prétention ont poussé au changement de nom des anciennes écoles de musique en conservatoire, mais sans prendre en compte les spécificités de chaque établissement.

Dans la fin du XXème siècle, le conservatoire était le nom qui désignait les établissement d'élite, comme les grandes écoles. Et cela pour la musique, et aussi le théâtre par exemple.

On disait « avoir fait le conservatoire » pour désigner avoir reçu une formation comme la plus haute possible en France.

Bref, revenons donc à notre école de musique, que maintenant nous nommerons CCR (conservatoire communautaire de Rambouillet).

Le CCR doit en premier lieu dispenser des cours de musique, et cela peut se faire de différentes façons (collectif, individuel, orchestre, musique ancienne, musique contemporaine, jazz, musique de chambre, chant, danse, MAO... etc...).

Il convient de charger le directeur et l'équipe enseignante de définir les modalités d'enseignement ; le cahier des charges apparaît par exemple dans le Projet Pédagogique.

Mais le CCR doit aussi proposer une vision claire à court, moyen et long terme. Pour cela il met en relation le directeur d'établissement, l'équipe enseignante, les élus, et éventuellement les parents d'élèves et élèves. Les orientations doivent être précisées par exemple dans le Projet d'Etablissement.

Il appartient à nos élus de se prononcer sur la vision qu'ils ont sur l'avenir culturel de notre ville, et donc en particulier du conservatoire.

Si la seule vision à long terme et celle de donner des cours particuliers d'instruments, avec un peu d'orchestre, et un peu de cours théorique, alors, inévitablement, se passera se qui se passe à chaque fois une entreprise privée ouvrira ses portes sur Rambouillet, siphonnera les élèves du conservatoire qui sont sur liste d'attente pour les instruments les plus demandés (piano, violon, flûte traversière, guitare...) en proposant des cours moins chers pour les parents, et avec des professeurs sous payés et sous diplômés.

Mais peut être est-ce la volonté de nos élus, comme cela est déjà le cas avec la délégation de marché public pour la petite enfance et les crèches municipales passées sous gestion privée depuis quelques mois.

Si tel est le cas, c'est à dire absence d'objectif, et volonté de laisser les choses en l'état, alors il n'y a aucune raison valable de recruter un nouveau directeur. Economisons son salaire, et laissons les enseignants faire ce qu'ils savent faire : donner des cours de musique. Le directeur n'a pas la responsabilité pour donner des cours, ni pour indiquer à ses enseignants comment ils doivent procéder (en effet, cela relève de la responsabilité de chaque enseignant), mais il doit proposer un cap, une vision à court terme et long terme !

Pour cela, nous demandons à nos élus de l'aider et de lui indiquer les attentes de nos concitoyens, si tant est qu'ils les connaissent.

Le départ de monsieur Guignier est du, entre plusieurs choses, à ce manque cruel de présence et d'attention de la part des élus. Veillons à ce que cette situation ne se reproduise pas.

Notre rôle :

En tout cas, Rambouillet pour Tous et ses élus seront là pour proposer différentes solutions et une vision claire, de bon sens, interactive, proche de ce qui nous touche directement, et ouvrant l'esprit.

Avec la majorité municipale, nous proposons de mettre en place directement une cellule de réflexion sur la programmation et la gestion du futur pôle spectacle. Nous proposons à la majorité ainsi qu'au nouveau directeur du conservatoire de participer à l'élaboration du futur projet d'établissement.

Pour Louis XIV, la musique et les arts en général avaient un rôle politique à jouer, en cela il voulait que la France ai la plus belle musique, et la plus belle danse, afin de montrer à l'Europe pourquoi la France était la première puissance.

Comme nous l'avons vu plus haut, il fût à l'origine, entre autres réalisations artistiques, de la création de l'opéra français grâce à Lully. Et que ses prétendants et nobles devaient savoir danser à la cour...

Il serait bon, maintenant que des professionnels fonctionnaires sont à l'oeuvre, de ne pas laisser cette question à l'abandon, mais de reprendre goût à cette entente entre les décideurs et les connaisseurs. Ne jouons pas la montre en détournant les questions. Ne profitons pas de l'arrivée du nouveau directeur pour le laisser seul, isolé, et perdu, afin de nous concentrer sur d'autres sujets.

Pour finir, rappelons nous que lorsque l'on proposa à Winston Churchill de couper le budget de la culture pour aider l'effort de guerre, il répondit tout simplement : « Mais alors, pourquoi nous battons nous ? »

Facebook Twitter